HorreurTest

Test Incantation : plongée dans l’horreur taïwanaise

Dans un marché saturé de survival horror, Incantation mise avant tout sur l’immersion et l’angoisse psychologique, en s’inspirant du folklore et des croyances d’Asie de l’Est. Le résultat est un jeu qui ne cherche pas forcément à multiplier les jumpscares, mais plutôt à installer un malaise constant chez le joueur. Et c’est justement ce point que j’ai aimé. Allez, c’est parti !

Je vais essayer d’en dire le moins possible: l’histoire d’Incantation nous place dans la peau de Jia Jun Lee, une mère à la recherche de sa fille disparue. Ses recherches la conduisent jusqu’à un lieu isolé et inquiétant : le village de la famille Chen, un endroit abandonné ?

Très vite, on comprend que quelque chose ne tourne pas rond dans ce village. Les habitants semblent avoir disparu et lorsqu’on en croise un, l’habitant semble étrange. Les bâtiments portent les traces de rituels incompréhensibles, des offrandes bizarres sont présentes (pourritures hum miam) et il y a quelque chose. Quand je dis « quelque chose » c’est bien une chose.

Aucune inqiétude (enfin si, mais ça, c’est l’ambiance) la narration se dévoile progressivement à travers : des documents et notes disséminés dans l’environnement, des indices visuels dans les lieux explorés, et des rituels mystérieux à accomplir. Ce rythme narratif renforce le sentiment d’enquête. Plus on avance, plus on découvre les secrets du village… et le prix à payer pour les connaître.

La particularité d’Incantation est d’être librement adapté du film taïwanais portant le même nom, écrit et réalisé par Kevin Ko. Le jeu s’appuie donc sur l’univers déjà installé par le long-métrage et cherche à en prolonger la mythologie. Et lorsqu’on a vu le film, en effet, cela fait sens : les deux œuvres se complètent.

Dans Incantation le film, la mère Li Ronan retrouve sa fille Dodo qu’elle avait placée en famille d’accueil. On suit les événements à travers différents dispositifs vidéo : caméscope, caméras de vidéosurveillance, smartphone… Je comprends donc le choix de faire contrôler, dans Incantation le jeu, le personnage à la première personne : cela respecte ce point de vue tout en conservant cette sensation d’angoisse constante.

Si le jeu reprend plusieurs éléments du lore déjà présents dans le film, comme le village et son étrange chemin, les mêmes maisons délabrées, les autels ou encore le cimetière, il ajoute également quelques nouveautés, notamment les mannequins. Ah, les mannequins… Il y en a un qui m’a tellement prise au dépourvu parce que j’étais à moitié retournée…

Enfin, pour la petite histoire, notez que le film s’inspire en partie d’un fait divers réel survenu en 2005 dans le district de Gushan, à Kaohsiung, à Taïwan. À l’époque, une famille affirmait être possédée par des esprits et pensait que certains de ses membres étaient habités par des démons se faisant passer pour des divinités du folklore chinois.

Convaincus de devoir les chasser, les membres de la famille se livraient à des rituels extrêmes censés expulser les esprits. La situation a tragiquement dégénéré lorsque la fille aînée de la famille a été battue à mort lors d’un de ces rituels. L’affaire, a profondément choqué le pays à cause de la dimension religieuses et les croyances.

L’atmosphère est sans doute l’élément le plus réussi du jeu : si vous ne voulez pas « avoir peur », mieux vaut ne pas regarder l’écran… mais pour jouer, c’est tout de même compliqué. Le village Chen est conçu comme un véritable labyrinthe de maisons abandonnées, de temples délabrés et de ruelles plongées dans l’obscurité. D’ailleurs, si vous y voyez trop clairement en jouant, c’est probablement que vous avez mal réglé la luminosité. De ce constat, on remarque que les développeurs ont misé sur plusieurs éléments pour installer l’angoisse :

Cela passe d’abord par un environnement sonore qui fait son petit effet. Le sound design joue en effet un rôle essentiel, et on sait tous que jouer avec une lampe torche pour seule source de visibilité et un casque sur les oreilles est un combo gagnant. Bruits de pas derrière soi, murmures lointains, chants rituels, objets qui se déplacent… chaque son semble signaler une présence invisible.

Evidemment, vous trouverez aussi une exploration lente et nerveuse (dans le sens stressant) : vous devez avancer prudemment, car certaines entités surnaturelles patrouillent dans le village. Dans ces moments, la seule solution est souvent de se cacher et ne plus faire de bruit.

Pour finir, vous trouverez des rituels et symboles inquiétants = un folklore. Le jeu utilise fréquemment des talismans, des inscriptions religieuses ou des objets liés à des rituels occultes (d’ailleurs, tous fidèles au film). Ces éléments renforcent l’impression d’être au cœur d’une croyance ancienne et dangereuse. Au final, Incantation privilégie la tension psychologique à l’action pure, dans la tradition de jeux comme Visage ou Devotion.

Manette en main, Incantation reste un jeu horrifique à la première personne assez classique, mais plutôt efficace. Le gameplay repose sur trois piliers : comme je l’ai annoncé en titre, l’exploration, essentielle dans ce genre de titre. Vous parcourez plusieurs zones du village afin de trouver des indices et d’ouvrir de nouveaux passages. C’est assez scripté, mais, est-ce qu’on ne s’en moque pas lorsqu’on arrive à vous plonger dans une ambiance ?!

Si vous prenez le temps de visionner le film, l’exploration sera d’autant plus gratifiante puisque vous dénicherez bon nombre de clin d’œil. Ainsi, j’ai clairement trouvé la trace du passage des Les Chasseurs de fantômes du film dans le jeu : avec les 2 autocollants qui étaient sur la caméra du groupe, un journal qui dit qu’ils veulent s’introduire dans le tunnel, ou des photos sur lesquelles ont reconné l’oncle et d’autres habitants !

La résolution d’énigmes consiste à dénicher des items comme des clés, ou manipuler des objets, activer des mécanismes, lire les bons documents. Rien de bien sorcier en somme, sauf que… Mouah ah ah. Pour terminer, si j’ai dit « survie » dans mon titre, c’est parce que face aux entités surnaturelles ou aux membres du culte, il est souvent préférable de se cacher ou de courir. Eh oui, je rappelle qu’on incarne une maman sans défense !

NOTE: 14/20 – Sans révolutionner les mécaniques du genre, Incantation réussit tout de même à se démarquer un peu grâce à son ambiance oppressante, sa mise en scène cinématographique et son inspiration culturelle venue d’Asie. Et surtout, il est assez rare de voir un jeu s’inspirer d’un film, car c’est généralement l’inverse qui se produit.

Je tiens d’ailleurs à préciser qu’il est vraiment intéressant de voir le film avant de jouer. Franchement, les deux œuvres se complètent en se donnant mutuellement de petites informations.

Incantation le film, ne révolutionne pas non plus le genre de l’horreur asiatique, mais certaines scènes proposent de très bonnes idées. Je suis même sûre qu’il a réellement fait peur à certains spectateurs, notamment avec la géniale révélation du visage final (les gens atteint d’une certaine phobie n’ont pas dû pouvoir regarder) et l’incantation a probablement pas voulu être lu ou entendue par d’autres ! J’avoue, j’ai moi-même pas lu les sous-titres XD.

Quant à Incantation le jeu, c’est une bonne chose de ne pas avoir repris le même script. Certains éléments ne m’ont pas forcément fait peur, mais m’ont réellement mise sous pression, comme le fameux mannequin.

💎 Review réalisée à partir d’une version presse Switch

Points Positifs

● Atmosphère réussie.
● Adaptation qui crée un lore.
● De bonnes idées angoissantes.
● Le folklore taïwanais.

Points Négatifs

● Classique.
● Des lenteurs.
● Pas un chef d’œuvre graphique.

Informations

Sortie: Le 08 avril 2026
Langue: Textes multilingues
PEGI: 16
Dispo: PC, PS5, Series, Switch
Éditeur: Eastasiasoft
Développeur: Softstar
Mode: Solo

D’autres jeux qui font peur
Test Daed of Darkness
Découverte Phantasmagoria
Resident Evil Requiem

💜 Aidez-nous en partageant cette page, cela nous permet de vous proposer plus de contenu!


En savoir plus sur Le Blog Geek

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Karma Shachou

Joueuse de RPG avant tout, elle a pourtant commencé avec Tetris sur les WC. La passion (geek, pas les WC) a persisté sur un blog en 2012 avec rien ni personne. Puis, elle a grandi avec de nombreux partenariats et quelques larbins en intérim. Touche à tout, jeux indé/AAA, sauf le sport, les FPS et les MMO (à part SWTOR, une religion de jeunesse), elle poursuit sa route vers la gloire et s'étend même dans d'autres domaines ! Par contre, il n'y a plus de place chez elle : ah les collections !!!

Laissez un commentaire on réagira avec vous!