Test OPUS : Prism Peak l’objectif du passé dans le présent
Après le succès de leur jeu OPUS: Echo of Starsong sorti en 2021, le studio taïwanais SIGONO revient avec OPUS: Prism Peak un titre mêlant aventure narrative et énigmes à résoudre grâce à un simple objet : un appareil photo.
Le studio est connu pour faire des jeux de la série OPUS où les émotions sont particulièrement développer. Entre découverte de soi, le deuil, le mal-être ou encore abordé un passé douloureux, le jeu promet de nous faire vivre une aventure onirique entre prise de clichés et sentiments profonds. Est-ce que le jeu nous permet de figer le moment sur papier glacé ? Quel est l’objectif de notre photographe ?
Qui est Eugène ?
Nous incarnons Eugène, un quarantenaire perdu au visage dur et triste. Entre plusieurs échecs dans sa vie personnelle (un divorce, la perte de son grand-père, etc.) et professionnelle ; Eugène a eu accident de voiture dans un tunnel. Il se retrouve malgré lui dans un monde fantastique où des esprits d’animaux naviguent, et où une mystérieuse brume se propage dans le monde.
Il retrouve son vieil appareil photo, appartenant autrefois à son grand-père, et fait la rencontre d’une enfant ayant perdu la mémoire : Ren. Cette dernière est perdue ; elle sait seulement qu’elle doit rejoindre le sommet de la montagne au loin car elle sait que c’est là que se trouve sa maison. Eugène veut seulement rentrer chez lui, mais quelque chose l’empêche de laisser seule cette enfant, donc il accepte de l’aider à la ramener chez elle. C’est ainsi que commence voyage initiatique entre observation et prises de photos.

« Ne rangez pas votre appareil photo tant que vous n’avez pas quitté l’endroit. »
Vous recevez votre outil principal pour l’aventure dès le début de votre entrée dans ce monde étrange : un appareil photo. Car oui, l’essentiel du jeu est là : comprendre votre environnement en prenant des clichés. Avec votre vieil appareil photo analogique, un souvenir précieux du passé d’Eugène, on possède un outil à la fois fonctionnel et narratif.
Eugène peut régler la molette pour l’exposition (plus ou moins de lumière), le cadrage du sujet, la mise au point, et d’autres petits outils qu’on l’on trouve au fur et à mesure de notre exploration. Il ne pas hésiter à user et abuser des photos, car certains objets ou paysages sont indispensables à capturer en photo pour l’histoire. En effet, certaines photos aident les esprits des différents animaux que vous allez rencontrer, à retrouver leur mémoire perdue, et peut-être vous aider vous à vous souvenir de certaines choses ?
Crépusculandes, un monde poétique et énigmatique
Pour éviter de vous sentir perdu dans votre voyage, vous recevrez un carnet de notes au début de votre aventure. Ce carnet permet de mieux comprendre ce qu’il se passe dans ce monde nommé Crépusculandes, et se rempli au fur et à mesure que vous prenez des photos. Il permet de conserver toutes vos découvertes, à mieux comprendre les esprits avec des textes à compléter et des choix à faire suivant votre interprétation des évènements.
Il faut faire très attention aux différents dialogues car les textes à compléter sont par rapport à vos échanges avec les différents personnages. Et plus vous êtes attentif aux phrases des esprits, plus vous aurez de facilité à compléter aisément les textes pour mieux apprendre à les connaître, les comprendre, et surtout découvrir qui ils sont vraiment.
Les textes sur le voyage en lui-même d’Eugène sont aussi des parties à remplir, et ici c’est à vous de choisir parmi différentes propositions, et aucune n’est mauvaise : c’est seulement votre interprétation à vous, de ce que vous ressentez de votre propre voyage.
Ce carnet permet de remplir des runes mystiques pour décrypter des textes anciens. Les runes sont des formes étranges qui sont en réalité des lettres, et on les trouves sur des rochers tout au long de notre voyage. Tout comme des fresques anciennes, avec des dessins plus ou moins descriptifs, racontant l’histoire du passé d’un homme : le Clairvoyant. Certaines runes et fresques sont quasi impossibles à déchiffrer en l’état, c’est donc à vous de trouver le moyen de le faire si vous voulez mieux comprendre l’histoire, et surtout pour les fans de platines qui veulent faire le jeu à 100%.

Le Clairvoyant : un personnage que tout le monde connaît mais personne ne s’en
souvient
Tout au long de votre voyage, il y a un personnage que vous retrouvez tout le temps sans jamais vraiment le voir : le Clairvoyant. Il est dans chaque endroit que vous visiter grâce aux sculptures en bois de lui, depuis qu’il est enfant jusqu’à l’âge adulte.
En train de jouer, regardant l’horizon ou travaillant sur un bureau ; le Clairvoyant est partout mais nul part à la fois. Et quand vous demandez aux esprits qui il est, aucun ne peut vous répondre. Ils savent qu’il est important, que lui aussi à un « oeil magique » pour prendre des photos. Quand Eugène reçoit l’appareil photo du Sambar (un esprit cerf), il devient le « nouveau Clairvoyant » aux yeux des autres esprits. Mais pourquoi les esprits ne se rappellent pas du Clairvoyant originel ?
Les Ombres, une force maléfique cachant la vérité
C’est le danger qui rôde dans les Crépusculandes : les Ombres, une force mystérieuse et dévastatrice qui est responsable de l’effacement des esprits. Une fois touchée, elles rendent amnésiques les esprits, jusqu’à oublier qui il sont et leurs propres noms. Et une fois vider de tout ce qu’ils sont, ils commencent à s’effacer : ils deviennent de plus en plus transparents jusqu’à disparaître.
On se rend compte que les Ombres pourchassent Eugène et Ren, en prenant une forme massive mêlant rouge et noire, menaçante et agressive. Elle s’en prend particulièrement à Ren car cette dernière a déjà été touché par les Ombres en oubliant qui elle était. Elle s’efface doucement aux côtés d’Eugène qui veut la sauver, comme une symbolique de la mémoire fragilisée face à l’oubli.
Pour contrer les Ombres, Eugène possède la seule arme valable : son appareil photo, pouvant révéler la réalité cachée grâce à la lumière de la vérité, d’un simple clic de son appareil, enclenché au bon moment. Car oui, ce voyage initiatique n’est pas que quiétude et réflexion : il y a aussi des phases de courses poursuites où il faut s’échapper face aux Ombres qui nous pourchassent, ce qui rajoute de l’action entre deux phases derrière son objectif.

« L’appareil photo voit plus que l’œil, alors pourquoi ne pas en profiter ? »
La DA représentée est à l’image du jeu : onirique, avec des phases très sombres lors des moments de doute et de désespoir de notre protagoniste (très sombre, rougâtre) rendant souvent l’ambiance malaisante. Au contraire, les moments joyeux, d’émerveillement sont colorées, poétiques et visuellement superbes. La musique nous accompagne tout au long de notre aventure, accentuant chaque chapitre, et rendant les souvenirs du passé d’Eugène encore plus poignants.
Par ailleurs, on a souvent des flash-back du passé d’Eugène, liés aux différentes photos qu’Eugène prend lors de ce voyage. Il faut faire extrêmement attention à chaque détail car rien n’est laissé au hasard dans ce jeu : ce monde raconte l’histoire des esprits, du Clairvoyant, mais n’est-ce pas une introspection de votre propre histoire en fin de compte ?
NOTE: 17/20 – OPUS: Prism Peak est un jeu qui explore des thèmes poignants comme le deuil, la mémoire, la découverte de soi et le voyage. Le chemin que parcourt Eugène et Ren pour atteindre le sommet de la montagne est une métaphore au chemin parcouru entre regrets de la vie et souvenirs du passé.
Les esprits animaux réprésentent un morceau du passé qui fait sens pour Eugène, à travers des flash-back de lui durant toute sa vie. De son enfance au côtés de son grand-père qu’il aimait tant, à sa vie d’adulte entre sa femme et son travail en tant que photojournaliste, on apprend tout ce qu’il s’est passé pour cet homme, brisé par la vie.
Sa rencontre avec Ren lui apporte progressivement des réponses à des questions qu’il ne pensait même pas à poser, et apporte une relation « père-fille » qui apporte un moteur émotionnel garanti.
Ce jeu apporte toutes sortes d’émotions entre doutes et espoirs, des instants de peur et de joie, jusqu’à la fin du jeu où mélancolique et sensibilité vous feront vibrer. Alors, à votre appareil photo et apprenez à capturer la profondeur des sentiments.
💎 Review réalisée à partir d’une version presse Steam
Points Positifs
● Narration profonde et sentimentale.
● DA aux airs d’aquarelle.
● Des personnages expressifs, grâce aux bons doublages.
● Mécanique maîtrisée avec l’appareil photo.
● Plusieurs phases de jeux.
Points Négatifs
● Pas de sauvegardes manuelles quand on veut.
● Rythme décousu.
● Pas de possibilité de retour en arrière pour récupérer des éléments manquants.
Informations
Sortie: Le 16 avril 2026
Langue: Multiples
PEGI: 3
Dispo: Steam, Switch 1 & 2
Éditeur: SHUEISHA GAMES
Développeur: SIGONO INC.
Mode: Solo
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