Test Tom the Postgirl : la factrice intrusive de chez ARTE
Il y a des jeux vidéo dont le concept ou juste le héros/héroïne suffit à piquer ma curiosité. Et puis, il y a ceux qui partent d’une idée complètement improbable et qui donnent envie de savoir jusqu’où les développeurs vont pousser le délire. Tom the Postgirl appartient clairement à cette deuxième catégorie !
Imaginez un petit village en apparence tranquille, des habitants qui vaquent à leurs occupations et une factrice qui parcourt les rues pour distribuer ses colis. Jusque-là, rien de bien extraordinaire. Sauf que notre chère Tom semble avoir une autre priorité que son travail : espionner ses voisins pour découvrir ce qu’ils peuvent bien cacher derrière leurs portes fermées. Vous me direz, il y a bien dans la vie réelle des livreurs qui nous volent nos colis… donc est-ce si choquant ?
Développé par le studio indépendant Oopsie Daisies et coproduit avec ARTE France, ce jeu d’aventure à l’humour très noir mise sur un univers dessiné à la main, des personnages hauts en couleur et des situations aussi absurdes que dérangeantes. Disponible le 29 octobre 2026 sur PC et Nintendo Switch, Tom the Postgirl m’a intrigué notamment par son décalage entre une direction artistique presque enfantine et un contenu nettement moins innocent. Alors, que nous réserve cette tournée pas tout à fait comme les autres ?

Une factrice qui ferait mieux de s’occuper de ses colis
Dans Tom the Postgirl, nous incarnons Tom, une nouvelle factrice chargée de distribuer des colis aux habitants d’un village qui semble, au premier abord, tout à fait charmant. Mais notre héroïne a un petit défaut : elle est particulièrement curieuse. Et quand je dis curieuse, je ne parle pas simplement du genre de personne qui aimerait savoir ce que contient le paquet de son voisin. Non, Tom veut surtout découvrir ce que les habitants font une fois qu’ils ont refermé leur porte.
Pourquoi se contenter de déposer un colis devant une maison quand on peut jeter un œil par la fenêtre ou n’importe quel interstice ? Après tout, les rideaux ne sont pas toujours tirés, et certains voisins semblent avoir des activités qui méritent qu’on s’y attarde… Au fil de ses tournées, Tom va ainsi découvrir les petits secrets d’une communauté dont les membres sont loin d’être aussi sages (mais surtout normaux) qu’ils en ont l’air.
Entre un prêtre qui aime faire la fête, un orphelinat aux allures de chenil et des hippies armés de tronçonneuses, le village réserve quelques surprises. Même les animaux ne sont pas en reste, avec notamment des pigeons mêlés à des histoires de trafic de drogue ! Autant dire que les journées de Tom risquent d’être mouvementées. Et si elle ferait sans doute mieux de se concentrer sur son travail, ce serait tout de même dommage de passer à côté de toutes ces petites bizarreries, n’est-ce pas ?
Un jeu d’aventure qui encourage à fouiner partout
Côté gameplay, Tom the Postgirl propose une aventure narrative qui mêle exploration et mécaniques de point-and-click. Le principe ne consiste pas uniquement à enchaîner les livraisons. Il faut aussi prendre le temps d’observer les lieux, de chercher des cachettes et de regarder ce qui se passe chez les habitants. Une fenêtre, une porte ou un petit recoin peuvent devenir autant d’occasions d’en apprendre davantage sur les personnages.

Et puisque Tom n’est pas vraiment un modèle de discrétion, le jeu nous invite également à transgresser quelques règles. Ouvrir les colis, piétiner les fleurs des jardins, détruire des décorations ou saccager les haies soigneusement entretenues : notre factrice peut se montrer particulièrement indisciplinée. Libre à nous de nous concentrer sur les livraisons ou de semer un peu plus de désordre sur notre passage. Ce que je trouve intéressant dans cette proposition, c’est la place accordée à la curiosité. Nous ne sommes pas simplement là pour accomplir une succession de tâches, mais pour découvrir ce que les habitants préfèrent garder secret.
Le jeu encourage également la rejouabilité, puisque de nouvelles parties peuvent permettre de découvrir des détails qui nous avaient échappé. Il sera donc possible de retourner fouiner dans le village pour tenter de ne rien manquer de ses étrangetés. Reste à voir si cette mécanique parviendra à vous garder suffisamment sur la durée pour rester dans le jeu, mais le concept a au moins le mérite de sortir des sentiers battus.
Une direction artistique entre mignonnerie et malaise
C’est probablement l’un des aspects qui m’attirent le plus dans Tom the Postgirl : son identité visuelle. Le jeu adopte une esthétique dessinée à la main, avec des animations image par image qui lui donnent un petit côté rétro du temps des bons Tim Burton. Les environnements en noir et blanc évoquent presque un livre illustré ou un dessin animé, avec une simplicité visuelle qui contraste avec les situations rencontrées.
Et c’est justement ce décalage qui fonctionne sur le papier. D’un côté, nous avons un village qui semble tout droit sorti d’un conte. De l’autre, ses habitants cachent des secrets parfois franchement douteux, et notre héroïne passe son temps à épier leurs faits et gestes. Le résultat joue sur cette frontière entre le mignon et le dérangeant (voir très dérangeants), une approche que l’on retrouve dans certains jeux indépendants qui préfèrent miser sur une atmosphère singulière plutôt que sur le réalisme.
J’aime bien l’idée de nous faire découvrir un univers qui paraît presque innocent avant de nous dévoiler progressivement son côté beaucoup moins recommandable. Le contraste donne une personnalité forte au jeu.

Un humour noir qui ne fait pas dans la dentelle
Derrière ses dessins en apparence innocents, Tom the Postgirl semble surtout vouloir s’amuser avec les travers de ses personnages. La curiosité de Tom constitue le moteur de l’aventure, mais elle nous place également dans une position assez particulière. Nous savons que nous dépassons les limites de l’intimité des habitants, et pourtant, le jeu nous encourage à continuer. Vive le voyeurisme.
Après tout, que peut bien cacher ce voisin ? Pourquoi cet habitant se comporte-t-il aussi bizarrement ? Et si nous regardions juste un peu plus longtemps ? C’est une manière amusante de jouer avec notre envie de découvrir ce qui se cache derrière les apparences. Le village devient un petit théâtre dans lequel chacun semble avoir quelque chose à dissimuler.
Le ton se veut volontairement absurde, avec des situations grotesques qui côtoient des éléments plus dérangeants. Le jeu ne cherche donc pas nécessairement à nous faire peur comme le ferait un survival horror classique. Il préfère jouer sur l’inconfort, la surprise et l’humour noir, ce qui me va très bien.
Attention toutefois : son univers comporte des éléments de violence légère, de nudité partielle, des thèmes sexuels ainsi que des références aux drogues et à l’alcool. Malgré son apparence de petit dessin animé, il ne s’agit donc pas d’un jeu destiné aux enfants.
NOTE: 16/20 – Je dois reconnaître que Tom the Postgirl possède un concept qui a attiré mon attention. Une factrice qui délaisse ses livraisons pour espionner ses voisins, un village peuplé de personnages franchement douteux et une direction artistique qui joue sur le contraste entre mignonnerie et malaise : il y avait de quoi éveiller ma curiosité.
Ce que j’apprécie particulièrement dans cette proposition, c’est son envie de sortir des mécaniques habituelles. Ici, pas besoin de sauver le monde ou d’affronter un ennemi surpuissant. Il suffit de distribuer des colis, de fouiner un peu partout et de découvrir ce que les habitants cherchent à cacher.
L’humour fonctionne sur la durée, la mécaniques d’exploration change quelque peu vers la fin du jeu car on se retrouve dans une sorte de labyrinthe. La fin explique le pourquoi du comment et évidemment, c’est tout aussi barjot que le reste.
Avec son univers dessiné à la main et son approche délicieusement indiscrète, Tom the Postgirl a déjà réussi une chose : me donner envie de jeter un œil derrière les rideaux de ce village. Et vous, vous seriez plutôt du genre à distribuer tranquillement vos colis ou à profiter de chaque livraison pour espionner vos voisins ? Mais surtout, Tom peut commettre de petits méfaits ou non, à vous de voir.
Un jeu indépendant, loufoque, rapide, mais qui permet de varier sa gamme vidéoludique.
💎 Review réalisée à partir d’une version presse Switch
Points Positifs
● Concept original et décalé.
● Direction artistique avec une vraie identité.
● Humour noir et absurde.
● Exploration qui encourage la curiosité.
Points Négatifs
● Gameplay répétitif.
● Concept qui ne plaira pas à tout le monde.
● Rythme pas pour tout le monde.
● Humour noir et thèmes pas à mettre aux yeux de tous.
Informations
Sortie: 29 octobre 2026
Langue: Textes FR
PEGI: 16
Dispo: Steam, Switch, PS5
Éditeur: ARTE
Développeur: Oopsie Daisies, ARTE
Mode: Solo
Un autre test avec des colis ici
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