Test Pragmata : nouvelle licence à l’action
Après plusieurs années de développement et de reports, Capcom lance enfin Pragmata, une toute nouvelle licence dans son catalogue. Loin des mastodontes comme Resident Evil ou Monster Hunter, le studio tente ici une proposition originale mêlant action, science-fiction et narration émotionnelle. Pari réussi ? Pas totalement parfait… mais j’ai passé un bon moment.
Capcom avait déjà proposé en juillet 2024 un titre original sous le nom Kunitsu-Gami : Path of the Goddess. Un jeu que j’avais pu faire (le test ici) et dont j’avais apprécié l’originalité. Pour rappel il s’agit d’un jeu qui nous plonge dans un Japon médiéval teinté d’un folklore très sombre où monstres et autres Yokai règnent. Le scénario y était très peu présent, mais la stratégie très forte.
Une nouvelle licence qui ose sortir des sentiers battus
Dans une industrie dominée par les suites et remakes (bah oui, à un moment faut être honnête), Pragmata a le mérite d’exister en tant que création originale. L’histoire se déroule dans un futur proche où l’humanité a découvert Lunum est sa précieuse ressource : la lunafibre. La lunafibre permet à des imprimantes de reproduire toute sorte d’objet passant d’une tasse à un immeuble ! On nous plonge ainsi dans la station lunaire qui présente des anomalies techniques et des séismes… Là-bas, nous allons incarner un des membres de l’équipe d’intervention, Hugh, un astronaute qui va rencontrer Diana, une androïde à l’apparence enfantine.

L’arrivée dans le jeu où on découvre l’équipe d’intervention qui débarque sur Lunum, m’a fait penser à un film de science-fiction dans lequel on sait direct que quelque chose cloche ! On sait que ca arrive, et, ca arrive. Si vous vous étiez préservés des trailers et autre spoilers, tout comme moi, vous aviez 3 hypothèses en tête : une forme de vie qui tue, un virus qui contrôle transforme et/ou tue ou de la technologie qui tue.
Attention spoiler à partir d’ici : c’est la technologie qui a été choisie dans ce scénario. Les robots qui ont une trop grande place dans la vie humaine (pour effectuer les tâches à leur place), ont pris le contrôle de la station. Diana, qui est aussi « robotique » est une version androïde de type Pragmata. Elle est différente car n’attaque pas les humains. Dès lors, la relation entre les deux protagonistes devient rapidement le cœur de l’expérience, rappelant certains duos emblématiques du jeu vidéo. Cette dimension émotionnelle fonctionne particulièrement bien grâce à une écriture juste et des interactions crédibles où un père protégerait sa fille.
Voilà, on peut donc dire que si l’univers intrigue, le scénario reste relativement classique dans son déroulement et ses thématiques, notamment autour de l’IA et de l’humanité.
Un gameplay hybride original… mais parfois déroutant avec le hacking
La grande force de Pragmata, c’est son système de jeu. Le titre mélange phases de tir à la troisième personne avec Hugh et mécaniques de hacking en temps réel via Diana. Concrètement, lors des combats, Diana doit pirater la matrice des ennemis via des « mini-jeux » pour exposer leurs points faibles pendant que Hugh tire. Ce système crée une dynamique unique, obligeant le joueur à gérer simultanément réflexion et action.

Exemple concret : vous êtes face à un robot blindé (cettains ont même des boucliers), impossible de l’endommager directement, vous allez tirer pour rien. Il faut d’abord résoudre un mini-labyrinthe de hacking puis, exploiter la faille créée pour tirer efficacement. Le labyrinthe se présente sous forme d’un carré général qui se découpe en cases. Il faut se diriger de case en case à l’aide des touches pour atteindre les nœuds de différentes couleurs et le point final en vert.
Les nœuds ont divers avantages comme paralyser un ou plusieurs ennemis (nœuds jaunes), exécuter un coup critiques (nœuds violets). Ce concept fonctionne bien une fois que vous compris les touches. En progressant, la montée se complexifie avec par exemple des cases grises et rouges qu’il ne faut pas traverser. Il faut aussi penser que les modules ne sont pas illimités, donc vous devrez décider si vous passez sur une case qui y correspond ou non.
Néanmoins, tout n’est pas parfait. Je me suis parfois retrouvée à cafouiller avec le labyrinthe rempli d’icônes, tout en devant surveiller les ennemis en parallèle. Au début, ils ne sont qu’un ou deux, mais ils finissent rapidement par attaquer en groupe. Certains affrontements deviennent alors quelque peu chaotiques.
Un autre point mérite d’être soulevé : la répétition qui s’installe, accentuée par le manque de variété d’ennemis. Il y a également un problème de focus : si un ennemi se place devant, on peut se retrouver à pirater la mauvaise cible et tirer sans effet sur celui qui vient de s’interposer.

Le hacking c’est bien, mais ca ne fait pas tout
Comme « l’arme » de Diana est le hacking, vous aurez deviné que ce sont ses capacités dans ce domaine que l’on peut faire évoluer. Ainsi, en dépensant les ressources appropriées, vous augmenterez globalement les dégâts de piratage ainsi que la durée d’ouverture des blindages. Il est également possible d’améliorer les capacités de Diana en ajoutant des nœuds de hacking dans la matrice, ou encore de renforcer la jauge d’overdrive (son attaque spéciale).
Pour Hugh, ca nous parait déjà plus « commun », dans le sens où on a l’habitude de ce genre d’évolution. Evidemment, vous aurez au fur et à mesure un panel d’armes plus variés. Notez que vous pouvez switcher d’arme en combat pour vous adapter à l’ennemi. C’est d’ailleurs pour ca aussi, que je disais que parfois les combats sont chaotiques.
Outre les armes, il est possible d’améliorer les coups critiques et l’esquive, l’efficacité des réparations, ou encore d’ajouter des emplacements de modules à la combinaison. Avant de passer à autre chose, je voulais préciser que l’arme de base (l’Unité principale) dispose de munitions limitées avant d’entrer en surchauffe. Les autres armes, quant à elles, ont un nombre d’utilisations restreint. Concrètement, si j’utilise par exemple le Canon perforeur, je n’aurai droit qu’à quatre tirs avant qu’il ne disparaisse de l’inventaire. Il faudra alors en récupérer en loot pour pouvoir s’en servir à nouveau.
Les armes de Hugh sont classées en quatre types : l’arme de base, comme dit précédemment, c’est l’Unité principale. Vous trouverez des Unité d’attaque, des Unité tactique et des Unité de défense. Bien sûr, l’emplacement d’une Unité peut être occupée par n’importe qu’elle arme tant que c’est de la même Unité.

Une aventure maîtrisée, mais trop linéaire
Pragmata propose une expérience assez compacte et plutôt linéaire. Comptez environ 12 à 14 heures de jeu pour en voir le bout. Même s’il est possible de choisir sa destination via le Tram afin de débloquer certains éléments par la suite, il faut tout de même suivre un parcours globalement imposé. Des allers-retours seront également à prévoir si vous cherchez à récupérer tous les objets permettant d’améliorer votre équipement.
Le level design alterne entre couloirs scénarisés avec des pièges et quelques casses-têtes, zones semi-ouvertes avec objectifs (souvent pour déverrouiller une autre zones), phases d’exploration et de plateforme. D’ailleurs, en parlant de ces plateformes, il y aura quelques phases où il vous faudra réfléchir à comment aller de plateformes en plateformes.
Si cette structure permet un rythme maîtrisé et sans temps mort, elle confère aussi un côté old-school qui pourra décevoir les amateurs de liberté offerte par les titres récents. Cela dit, cette concision joue en faveur du jeu : pas de remplissage inutile, chaque idée est exploitée sans s’étirer artificiellement. Notez que certaines zones, signalées par une porte rouge, sont optionnelles.
Une direction artistique et technique impressionnante
Visuellement, je trouve que Pragmata est une réussite sur Switch 2. De plus, je n’ai constaté aucun ralentissement. Je suis certaine que, sur consoles de salon et sur PC, le rendu doit être encore plus impressionnant. Le jeu propose ainsi des environnements lunaires crédibles, des décors futuristes détaillés et une ambiance oscillant entre réalisme et étrangeté, même si certaines idées font penser à des visuels déjà croisés maintes et maintes fois.

Malgré tout, certaines séquences marquent particulièrement, comme les zones altérées par l’IA ou les passages en gravité réduite.
Le Refuge, qui fait office de hub, se transforme peu à peu en un nid presque douillet. Il est plutôt bien pensé, car tout y est réuni : vous pouvez changer de tenue si vous les avez collectées. Vous pouvez également installer les Mémoires terriennes afin de faire apparaître des jeux d’enfants. C’est aussi à cet endroit que vous effectuerez vos achats pour améliorer votre équipement. Enfin, difficile de ne pas mentionner la mascotte Cabin, qui n’est pas là uniquement pour faire de la figuration.
NOTE: 17/20 – Dans mon cas, je dirais que Pragmata a été une expérience marquante, notamment grâce au traitement accordé aux personnages de Hugh et Diana, qui évoluent sous nos yeux. Même si je trouve que Hugh s’attendrit assez rapidement (bouh, le fragile) et que l’on devine assez vite la tournure des événements, certaines scènes m’ont réellement marqué, au point de me faire lâcher un vrai « wahou ».
Cependant, on ne peut pas dire que le jeu soit révolutionnaire. Il apporte néanmoins un petit quelque chose de bienvenu. Vous serez confronté à une certaine linéarité, mais en contrepartie, vous découvrirez un gameplay de hacking particulièrement bien pensé. Le mélange entre TPS et phases de puzzle fonctionne indéniablement.
Le jeu se montre également généreux en améliorations et en éléments à débloquer, ce qui permet d’oublier assez rapidement le classicisme de sa structure (zones fermées, passages à débloquer, etc.). Si vous êtes du genre à vous ennuyer facilement et que vous aimez les défis, évitez le mode Facile.
Au final, je n’ai qu’une chose à dire : il faut l’essayer pour l’adopter.
💎 Review réalisée à partir d’une version presse Switch 2
Points Positifs
● Concept gameplay hacking + TPS.
● Duo de personnages attachant et crédible.
● Direction artistique et ambiance réussies.
● Nouvelle licence.
Points Négatifs
● Manque de variété d’ennemis et situations.
● Structure linéaire et peu audacieuse.
● Classique finalement.
Informations
Sortie: Le 17 avril 2026
Langue: Textes & voix FR
PEGI: 16
Dispo: PC, PS5, Series
Éditeur: Capcom
Développeur: Capcom
Mode: Solo
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