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Test Screamer : de l’asphalte, des néons et de l’animé

À l’origine, Screamer était un jeu de course sorti en 1995 chez Graffiti sur MS-DOS (ouais, ca ne parle pas à grand monde, trop vieux, même pour moi), apprécié pour sa vitesse et son accessibilité. Cette version 2026 est un reboot complet, qui conserve l’ADN arcade mais change radicalement de ton.

Fini le simple enchaînement de circuits : le jeu propose désormais un univers dystopique, avec un tournoi clandestin réunissant des pilotes du monde entier, chacun avec ses motivations. Ce repositionnement narratif est l’un des aspects les plus marquants du jeu : Screamer cherche à exister autant comme expérience scénarisée que comme jeu de course, ce qui reste rare dans le genre. Je vais y revenir, en attendant, voici une screenshot du jeu de 1995 qui montre bien le changement général.

Si vous suivez Le Blog Geek (d’ailleurs, merci beaucoup à vous tous, autant les anonymes que ceux qui se manifestent), vous savez que ce n’est pas la première fois que je vous présente un jeu signé Milestone. Si si, c’est le fameux studio Italien derrière Ride (un test ici), MotoGP (un test ici), Monster Jam (test ici), et bien d’autres encore. Bon, Milestone n’est pas allé chercher bien loin, car la licence Screamer lui appartenait déjà à l’époque où le studio s’appelait encore Graffiti.

La grande nouveauté de ce reboot, c’est donc sa volonté de casser les codes. Là où la majorité des jeux de course hésitent entre simulation et fun arcade, Screamer propose un mélange plus radical : une direction artistique inspirée de l’animation japonaise et du cyberpunk, une narration découpée en épisodes avec dialogues et personnages développés, ainsi qu’une petite dimension stratégique inspirée des jeux de combat.

Je dois avouer que l’introduction du jeu est plutôt réussie et qu’elle a probablement convaincu plus d’un joueur d’essayer le titre. Dès cette séquence, on comprend que la proposition est différente : on se croirait devant un épisode de série animée où les personnages principaux sont introduits. On découvre même, avec surprise, que les protagonistes parlent dans leur langue d’origine. À ce moment-là, je me suis vraiment dit : « Oh, c’est cool, ça.« 

Et c’est justement ce que va proposer le mode Tournoi : une véritable histoire. Celle-ci est découpée en petits chapitres pour nous raconter les desseins des Banshee, désormais appelés Green Reaper, qui cherchent à venger la mort de leur compagnon Quinn. Donc oui, il y a un antagoniste, mais aussi d’autres équipes avec leurs propres histoires. En fait, le jeu s’articule autour de cinq équipes de trois pilotes avec lesquelles vous aurez l’occasion de tester leur bolide dans le scénario.

Ensuite, l’autre découverte c’est que le jeu introduit le système ECHO, qui permet de gérer différentes ressources pour booster, attaquer ou se défendre : la fameuse dimension combat dont je vous parlais. Ce système transforme les courses en affrontement tactique : il ne suffit plus d’être rapide, il faut aussi savoir quand frapper avec Strike ou se protéger avec le Bouclier.

Screamer propose une conduite très particulière. Le jeu adopte un système de double stick : le stick gauche pour diriger, le stick droit pour gérer les dérapages (drift) en plus du frein. Sur le papier, cela permet une précision inédite dans les trajectoires et les drifts. En pratique, la prise en main demande un vrai temps d’adaptation.

À cela s’ajoutent plusieurs mécaniques clés :

  • Overdrive : une capacité puissante mais risquée.
  • Sync / Entropy : gestion de ressources pour actions offensives (Stryke) et défensives (Bouclier).
  • Courses en équipe et modes variés (arcade, solo, multijoueur).

Le résultat : un gameplay riche qui demande d’être attentif à ce qui se passe, mais qui s’éloigne clairement de l’accessibilité immédiate des classiques arcade. Est-ce gênant ? Pour moi, non. C’est plus le manque d’équilibrage dans la difficulté et pour l’IA qui m’a agacé. J’ai aussi eu un peu de mal à appuyer sur la gâchette pour avancer tout en appuyant sporadiquement sur la gâchette pour changer de vitesse. En fait, pas mal de doigts doivent être placés et parés à toutes situations.

Je l’ai déjà dit, mais cette partie demande à ce que j’en reparle un peu : le plus du jeu est évidemment son mode Le tournoi qui est donc scénarisé. Notez que la difficulté est modifiable, cependant, pour avancer dans le scénario vous êtes obligés de terminer dans les 3 premiers et/ou d’effectuer les Objectifs demandés !

Attention, même si c’est le meilleur point du jeu, le titre ne se limite pas à son mode histoire. Il propose une offre assez complète d’activités. Vous avez bien sûr le mode Arcade qui est plutôt fourni : vous trouverez La course, Course en équipe, Défi score ou Défi Overdrive, Points de passage et Contre la montre. Cette diversité permet au jeu de s’adresser à différents profils, même si Le tournoi reste le cœur de l’expérience.

Visuellement, Screamer est sans doute l’un des jeux de course les plus stylisés de ces dernières années. En tout cas, je ne sais pas vous, mais la DA a pas mal d’effet sur moi. C’est sympa de toujours chercher à être le plus réaliste possible, mais l’approche animation japonaise est rafraichissante !

Utilisant l’Unreal Engine 5, le studio mise sur des couleurs vives, des effets néon et une mise en scène très dynamique. Les personnages ont chacun un look plus ou moins réussi. Oui, parce que certains sont vraiment des stéréotypes et Roísín est soulante avec ses grossièretés à chaque phrases.

Le « héros » du scénario me fait d’ailleurs beaucoup penser, dans son traitement esthétique, à David Martinez dans Cyberpunk Edgerunner. Et si l’on doit parler de Fermi, difficile de ne pas penser au chien de Cowboy Bebop. Introduire une mascotte est toujours un coup de génie pour une licence (franchement, vous avez vu sur mon Instagram le sweat que j’ai eu ?! Il claque tellement).

Les dialogues sont nombreux, oui oui, mais vous pouvez les accélérer ou carrément les passer. Toute la partie dialogue n’est pas en animation comme les cinématiques, elle se présente sous forme de scène avec bandeau et portrait. En fait, les cinématiques sont tellement sympas qu’on se rend vite compte qu’elles sont peu nombreuses. Mais bon, pour une première, je ne peux que saluer l’initiative.

L’aspect sonore et la mise en scène participent également à l’identité du jeu, avec comme je l’ai déjà dit, des dialogues multilingues et des morceaux assez nerveux. Evidemment, pour coller au titre c’est assez dumstep et EDM. Il y a même d’anciens morceaux qui ont été remixés.

NOTE: 16/20Screamer est définitivement un jeu audacieux. Là où beaucoup de productions restent dans des formules éprouvées par le temps, lui tente de mêler narration, une touche de stratégie et arcade. De plus, si on regarde bien, Le tournoi n’est ni plus ni moins qu’un didacticiel bien amené.

Au final, Screamer n’est pas un jeu qui fera l’unanimité, mais c’est précisément ce qui le rend intéressant ! Il ne plaira pas à tous les amateurs de jeux de course pure, mais ceux qui accepteront ses choix y trouveront une expérience unique et rafraîchissante.

J’ai joué à de nombreux jeux de course/simulation depuis que je suis chez Plaion, mais ici, j’ai réellement pris du plaisir. Après, je ne suis pas le public cible du genre, donc je pense que ce sont justement les particularités de Screamer qui me font apprécier la conduite. Vous l’aurez compris : l’histoire et l’animation y sont pour beaucoup.

S’il font une suite, puisqu’il y a eu un Sreamer 2, j’en attend encore plus de la part du studio ! Je veux plus de cinématiques et une nouvelle intrigue.

💎 Review réalisée à partir d’une version presse PS5

Points Positifs

● Identité visuelle forte.
● Concept original.
● Vraie volonté de renouveler le genre.

Points Négatifs

● Prise en main difficile.
● Gameplay qui peut diviser.
● Equilibre parfois inégal et IA rageante.

Informations

Sortie: Le 26 mars 2026
Langue: Textes multilingues
PEGI: 16
Dispo: PC, PS5, Series
Éditeur: Plaion
Développeur: Milestone
Mode: Solo, en ligne

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Karma Shachou

Joueuse de RPG avant tout, elle a pourtant commencé avec Tetris sur les WC. La passion (geek, pas les WC) a persisté sur un blog en 2012 avec rien ni personne. Puis, elle a grandi avec de nombreux partenariats et quelques larbins en intérim. Touche à tout, jeux indé/AAA, sauf le sport, les FPS et les MMO (à part SWTOR, une religion de jeunesse), elle poursuit sa route vers la gloire et s'étend même dans d'autres domaines ! Par contre, il n'y a plus de place chez elle : ah les collections !!!

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